Le ministère de la Santé diffuse une version actualisée de son dérivomètre contre les dérives sectaires
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Le ministère de la Santé a publié, mardi 29 septembre, une version améliorée de son dérivomètre afin d'aider à identifier d'éventuelles dérives sectaires dans le domaine des médecines non conventionnelles. Conçu sur le modèle du violentomètre utilisé pour évaluer les violences conjugales, ce document recense 16 situations réparties en trois seuils d'alerte, intitulés « Je reste attentif », « Je fais une pause » et « Je dis stop ! ». L'outil s'adresse aussi bien aux personnes directement engagées dans un suivi thérapeutique qu'à leurs proches.
Cette initiative intervient alors que la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) constate une hausse des signalements dans ce secteur. Entre 2022 et 2024, 37 % des signalements et demandes d'informations reçus par l'organisme concernaient le domaine de la santé et du bien-être. Selon un sondage Odoxa mené en 2023, 16 % des Français ont déjà renoncé à un traitement médical au profit d'une thérapie alternative.
L'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu victimes de sectes (Unadfi) a participé à l'élaboration de la grille d'évaluation. Sa directrice et porte-parole, Pascale Duval, précise que « la difficulté était de ne pas attaquer ces pratiques non conventionnelles en santé ». Elle souligne qu'« une pratique n’est pas dangereuse en soi, c’est la façon dont elle va être utilisée. On a orienté les niveaux d’alerte sur ce qui était possible dans le cadre d’un recours à ces pratiques, plutôt que sur les pratiques en elles-mêmes ».
Florence Pinloche, psychologue clinicienne au Centre contre les manipulations mentales (CCMM), salue également le document pour clarifier les ambiguïtés autour de méthodes dépourvues de reconnaissance scientifique. D'après elle, « ces praticiens peuvent se présenter comme des thérapeutes, donc on se dit que ce sont des gens diplômés. Les personnes sont persuadées d’avoir affaire à une personne qualifiée ». La professionnelle note que le bouche-à-oreille entre collègues ou au sein de la famille complique souvent la remise en cause du praticien par les victimes.
Le ministère de la Santé a indiqué que cet outil sera diffusé en ligne et relayé par plusieurs partenaires, notamment la Miviludes, les agences régionales de santé, les ordres professionnels et les associations d'aide aux victimes. Pascale Duval a également formulé le souhait que le document soit mis à disposition dans les salles d'attente des médecins conventionnels afin de mieux les informer lors de l'orientation de leurs patients.
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